Germain Beaulieu (1870-1944) est un avocat, homme de lettres et scientifique québécois qui a joué un rôle actif dans le milieu associatif et culturel. Il meurt à Rigaud le [1].
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Germain Beaulieu est né à Rivière-Blanche, près de Matane, fils de Joseph Beaulieu et de Basilisse Pelletier[2]. Orphelin très tôt, il est adopté par la famille Charbonneau de Montréal. En 1888, il s’inscrit à l’École normale Jacques-Cartier, qu'il quitte en 1890. Dès cette époque, il se révèle curieux de tout et « pris du désir de connaître poussé jusqu’à la frénésie[3] », comme en témoigne le mot de bienvenue qu'il rédige en italien pour le premier numéro du journal L'Italo-Canadese en 1894[4], année où il termine ses études de droit et est admis au Barreau[5].
Avocat de carrière, il est plus intéressé par la poésie que par sa profession et publie des poèmes dans Recueil littéraire, L'Oiseau-mouche et L'Alliance nationale, ainsi que dans Les soirées du château de Ramezay, L'Action sociale et Les soirées de l'École littéraire de Montréal[6]. Il est épris de classicisme au point que Marcel Dugas le qualifie de « législateur du Parnasse canadien[7] ». L'essentiel de sa production poétique est perdu car, selon Jean Charbonneau, il aurait détruit entre quinze et vingt livrets rédigés dans sa jeunesse[8].
Il compose aussi des pièces de théâtre et des satires, et rédige de nombreux articles de critique littéraire qu'il publie dans divers journaux —Le Pays, Les Débats, L'Annuaire théâtral, Le Nationaliste— sous une vingtaine de pseudonymes, tels Cyprien, Népomucène Hébardot, Procul Hotte, A. d'Albert, Hugues Lambert, Philippe P. Leclaire, Philippe Leclerc, Jean Pince, Hector Probus, Hypolite Vaumarin, L.-P. Dorval, etc.[9]
En 1895, il est le cofondateur de l'École littéraire de Montréal et en devient le premier président en . Durant plus de trente ans, il en sera « l'âme dirigeante à toutes les phases de son existence[10]. » Il participe à la fondation et devient secrétaire de rédaction de la revue Le Terroir créée par cette École en 1909 et qui ne publiera que dix numéros[11]. Par la suite, il s'oppose à l'idée de transformer l'École en une sorte d'Académie française du Québec. Il se moque encore de l'idée dans un ouvrage satirique intitulé Nos Immortels, avec caricatures dues à son beau-frère Albéric Bourgeois.
Esprit curieux de tout, il « fit de longues investigations dans presque toutes les sphères des connaissances humaines[12]. » Il a été secrétaire de la Société des artisans (1909). Ayant participé dès 1923 à l'organisation de la Société canadienne d'histoire naturelle, il en assume la présidence en 1923[6]. Particulièrement intéressé par l'étude des insectes, il est l'auteur de divers traités d'entomologie, ce qui lui vaut de participer à l'organisation du Musée entomologique canadien et de devenir, à l'âge de soixante ans, conseiller juridique au ministère de l'Agriculture à Québec, même s'il était alors atteint de demi-cécité depuis plusieurs années. Il y travaille jusqu'à l'avant-veille de sa mort.
Dans un article sur « L'avenir des Canadiens Français » publié en 1905 dans la revue Le Nationaliste, il affiche des sentiments nettement séparatistes[13]. Ceux-ci s'accentuent encore dans un article intitulé « Où allons-nous?» publiée en juin 1909 publié dans Le Terroir [14].
De 1909 à 1941, il entretient une correspondance suivie avec Louis Dantin, en exil à Boston[15].
Il a eu quatre filles de sa première épouse, Graziella Cassegrain (1876-1907): Germaine, Liliane, Paule, ainsi que Gaëtane, auteure du roman Lill. Étude d’âme enfantine[16], dont Louis Dantin publiera une critique[17]. Le 31 octobre 1911, Beaulieu épouse en secondes noces Rita Lanctôt, dont il aura un fils, Jacques-Frédéric Beaulieu, décédé à Ottawa le 31 octobre 1915, à l’âge de 1 an et 2 mois. Rita mourra le 25 décembre 1969 à l’âge de 82 ans.