Édouard Lévêque, dit Jean-Louis Boncœur est un homme de lettres, conteur et comédien français né le à La Châtre (Indre) et mort le à Saint-Maur (Indre).
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Jean-Louis Boncœur
Jean-Louis Boncœur en 1935
Données clés
Nom de naissance
Édouard Lévêque
Naissance
La Châtre (Indre)
Décès
(à 85 ans) Saint-Maur (Indre)
Nationalité
Française
Pays de résidence
France
Profession
Professeur de lettres et d'arts plastiques
Activité principale
Homme de lettres, comédien
Compléments
Académie du Centre (1940)
Société des gens de lettres de France (1955)
Chevalier des Arts et des Lettres (1992)
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Professeur de lettres et d'arts plastiques, il est une des figures les plus célèbres du Berry.
Biographie et œuvre
Edouard Lévêque est le père de Michel Lévêque, céramiste et sculpteur[1].
Littérature et recherches
Le parcours artistique de Jean-Louis Boncœur est inséparable de sa carrière d'homme de théâtre. Pourtant, dès l'année 1930, Boncœur commence par écrire des poèmes, signés Édouard Lévêque mais aussi sous le pseudonyme de Léo de Vadequeur. Ses poèmes sont parfois des pastiches (La nuit est là, 1930), des vers d'inspiration romantique (L'extase neuve, 1932) ou rustique (Les moutons ou La complainte de l'innocent, 1932). Dès 1935 s'opère un premier tournant décisif qui oriente Boncœur vers le théâtre, qu'il avait déjà pratiqué lors de son cursus scolaire. Il fonde cette même année la troupe dramatique Comœdia, mettant en scène les œuvres de Musset, Courteline, Sarment et Labiche, et pour laquelle il écrit sa première pièce (Des ailes, 1937). Dès 1940, au profit des prisonniers de guerre, il crée la troupe Paris-Berry, avec laquelle il forge un personnage inspiré des poésies de Gabriel Nigond.
Édouard Lévêque invente Jean-Louis Boncœur, berger observateur et moraliste, portant chapeau et limousine rayée, favoris blancs et visage buriné, appuyé sur son bâton de pèlerin. En 1942, le programme de la troupe annonce: Jean-Louis Boncœur dans ses créations nouvelles. Mais l'écrivain n'abandonne pas pour autant l'écriture dramaturgique. Il publie un drame (Saint-Jean d'été, 1947) puis une comédie (La Demande à Jean-Louis, 1948), dont la facture classique comporte une intrigue originale. Très habile dans la maîtrise du langage, Boncœur écrit enfin une pastorale en vers (La Pastoure et le maître d'école) en 1955.
Son œuvre poétique, quant à elle, se prolonge dès 1942 avec la composition de vers en patois berrichon (monologues du berger) et en parler du Croissant d'Eguzon-Chantôme[2]. Dans la lignée de Gabriel Nigond ou de Jean Rameau, Boncœur livre des textes sensibles, tant humoristiques que graves, et dont il publie la totalité dans Le berger m'a dit... (1955-1978).
En 1953, l'écrivain publie son premier roman (Le moulin de la vieille morte), dans un style comparable à celui de Georges Simenon, qui obtiendra le prix Herriot. Mais Boncœur, excepté À Nohant chez la dame (1983), ne poursuivra pas d'aventure romanesque. C'est davantage par l'écriture des contes qu'il se fera remarquer, notamment avec Contes du Berry (1980), préfacés par Daniel-Rops ainsi que par Le Serpent d'Or (1980), à l'intention du jeune public. Nous lui devons également deux volumes consacrés aux pratiques magiques dans le centre de la France (Le Village aux sortilèges, 1979; Le Diable au champ, 1981).
Peinture et dessin
Professeur d'arts plastiques pendant de longues années, Boncœur est devenu célèbre grâce à son style très particulier, qu'il signe "J-L" et "B" entouré d'un cœur. D'abord auteur de caricatures d'acteurs, il s'emploie à la peinture et entreprend notamment de grandes toiles d'inspiration cubiste (L'Exode, 1940; Les Quatre Saisons de la vie, 1940) ainsi que des tableaux de facture plus classique (Les Chants de Maldoror, [s.d]). Entièrement au service de son personnage, Boncœur abandonne la peinture pour se tourner davantage vers le dessin.
Illustrateur de ses propres livres, il dessine d'abord des miniatures, très fines, à la manière des enlumineurs (in La Pastoure et le maître d'école, op. cit.), puis s'oriente vers un style rustique dont les traits sont plus grossiers (in Le berger m'a dit..., op. cit.). L'essentiel de son œuvre graphique se concentre autour de la célébration du monde paysan.
Œuvres
Dans la limousine du vieux berger
Des ailes (théâtre), inédit, 1937.
Saint-Jean d'Eté (théâtre) [prix Nigond], Maintenance du Berry, 1947.
La Demande à Jean-Louis (théâtre), Crépond-Leblond, 1948.
La Pastoure et le maître d'école (théâtre), Écho du Berry, 1955.
Le Moulin de la vieille morte (roman policier) [prix Herriot], Plon, 1955; Christian Pirot, 1983; 1992. Pavillon noir 2011
Le berger m'a dit, recueil de poèmes du terroir, Echo du Berry, 1955.
Le berger m'a dit, Contes du vieux Berry, Marcel Roussel, Châteauroux, 1962.
Le berger m'a dit, Une veillée chez Jean-Louis Boncœur, tome I, Marcel Roussel, Châteauroux, 1969.
Le berger m'a dit, Echos des traînes, tome II, Marcel Roussel, Châteauroux, 1971 et 1978.
Le berger m'a dit, Tome 1 (Édition fac-similé du volume publié chez Roussel en 1962), Christian Pirot, 1987.
Le berger m'a dit, l'écho des traînes (morceaux choisis), Royer, coll. "Mémoire vive", 2005.
Le Berger m'a dit, l'intégrale, Alice Lyner, 2011.
«Le P’tit Prinss' version locale», La Nouvelle République du Centre-Ouest, Tours; édition de Châteauroux, NRCO, (ISSN2260-6858, OCLC0610C87037, lire en ligne)
Stéphane Gendron, «Odonymie de La Châtre (Indre)», Nouvelle revue d'onomastique, Paris, Société française d'onomastique, vol.56, , p.71-99 (e-ISSN2647-8463, lire en ligne)
Voir aussi
Bibliographie
Sébastien Robert (dir.), Autour de Jean-Louis Boncœur: le visage, la plume et le pinceau. Entretiens, études & textes inédits, A à Z Patrimoine, 2010.
Vidéographie
Le Berry de Jean-Louis Boncœur, Lancosme multimédia, 1992/1994; 2004.
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